Comment animer une communauté de méditation

Vous trouverez dans notre librairie en ligne (Librairie MCQRFC sous l'onglet "Ressources") un ouvrage fort utile pour la formation à l’animation d’une communauté de méditation.

  • Initier et animer une communauté, par Michel Boyer et Yvon R. Théroux

Dans "Documentation offerte" sous l'onglet "Ressources", deux documents sont mis à votre disposition concernant l'accompagnement spirituel en méditation chrétienne:

  • Initiation à la méditation chrétiennepar Laurence Freeman, osb
  • Atelier d'introduction à la méditation chrétienne, par Michel Boyer, franciscain 

Un autre ouvrage intéressant également disponible. Il s'agit d'un diaporama d’Yvon R. Théroux sur Le leadership à exercer en tant qu’animateur de communauté de méditation. (PDF)

 

Conseils pour préparer une présentation de la méditation, par Kim Nataraja (Lettre n. 13 de l’École internationale de méditation chrétienne)

Rappelons comment se déroule une réunion en communauté de méditation

  • On commence par un enseignement sous forme d’un court texte de John Main ou de Laurence Freeman qui est soit lu, soit écouté (enregistrement audio);
  • Si vous manquez de ressources (livres ou CD), vous pouvez faire une courte introduction orale, en vous inspirant des enseignements de John Main ou Laurence Freeman, d’une durée de 5 à 15 minutes maximum;
  • [La lecture d’un passage des Saintes Écritures est un excellent moyen d’intérioriser les méditants-es avant la période de méditation;]
  • Une période de 20 à 30 minutes de méditation;
  • Un temps pour poser des questions ou évoquer des problèmes liés à la pratique de la méditation.

Il y a des chances pour que le tout premier exposé que vous pourriez avoir à préparer soit un exposé d’introduction à destination d’un nouveau groupe. Il est important de garder à l’esprit à qui vous vous adressez – amis, collègues, paroissiens ou jeunes – et d’adapter vos propos en conséquence.

Les conseils suivants peuvent vous y aider :

  • Commencez par mentionner John Main et Laurence Freeman, ainsi que la Communauté mondiale de méditation chrétienne et votre lien avec elle;
  • Soulignez l’universalité de la méditation et placez-la avec sensibilité dans le contexte chrétien, en mentionnant la redécouverte par John Main de cette forme traditionnelle de prière dans les écrits de la tradition du Désert du IVe siècle, tels qu’ils ont été transmis par Jean Cassien dans ses Conférences;
  • Abordez ensuite les trois points essentiels :

1. Qu’est-ce que la méditation ?

2. Pourquoi méditer ?

3. Comment méditer ?

  • Mentionnez le caractère inévitable des pensées et l’importance de persévérer dans la pratique;
  • Terminez en mentionnant les raisons qui vous ont personnellement amené à méditer et l’effet que la méditation a eu sur votre vie

Pour la préparation de cet exposé et des suivants, les petits conseils suivants extraits d’une vidéo de Fergal McLoughlin, le coordonnateur national irlandais, peuvent vous être utiles :

  • Préparez soigneusement votre exposé en jetant sur le papier tous les points que vous voulez aborder;
  • Parmi ces idées, retenez-en trois ou quatre tout au plus, qui vous semblent importantes. Ordonnez-les pour donner corps à votre exposé ; développez ensuite chaque point, au besoin à l’aide d’exemples, d’anecdotes et de citations.
  • Notez ces points par écrit sous forme d’une suite de rubriques. Ajoutez des notes sous chaque rubrique pour vous souvenir de ce que vous voulez dire, en y insérant toute citation dont vous pourriez avoir besoin, et parlez à partir de ces notes.
  • Votre propos passera mieux si vous regardez l’assistance et si vous parlez naturellement ; pour cela, tâchez si vous le pouvez de ne pas lire un exposé entièrement rédigé.
  • Demandez-vous si on vous entend distinctement. Avez-vous tendance à parler d’une voix douce ou forte ? En temps normal, avez-vous un débit rapide ou lent ? Quand vous êtes tendu(e), avez-vous tendance à parler plus doucement ou plus fort, plus vite ou plus lentement?
  • Souvenez-vous que vous n’êtes pas seul(e) : le Saint Esprit est avec vous !

Présenter la méditation à un public majoritairement chrétien, par Kim Nataraja (Lettre n. 15 de l’École internationale de méditation chrétienne)

Voici quelques sujets qui sont conseillés d’aborder lors de la réunion en communauté de méditation hebdomadaire. Ces quelques suggestions vous permettront d’alimenter une série de causeries introductives. Tâchez de limiter votre intervention à un quart d’heure maximum.

  • Présentez-vous et situez-vous brièvement dans la Communauté mondiale de méditation chrétienne. Expliquez rapidement comment vous en êtes arrivé à méditer. Soulignez l’universalité de la tradition de la méditation, qui n’est pas seulement une tradition orientale, mais a aussi des racines dans la tradition chrétienne. Puis restez quelques instants en silence, avant de lire un passage approprié des Écritures que vous commenterez de manière à présenter la méditation comme une forme de prière, profondément ancrée dans la tradition chrétienne. Par exemple : Matthieu 6,6 : intériorité, peu de paroles ; Matthieu 6,8 : confiance ; Matthieu 6,25 : détachement des soucis, attention.
  • Attirez l’attention sur le fait que dans beaucoup d’Églises, on accorde trop d’importance au « faire » : activités paroissiales, comités, etc. Introduisez la distinction entre « être » et « faire ». Il se peut que nous soyons tous trop axés sur le « faire ». Rappelez à votre auditoire l’histoire de Marthe et de Marie (Luc 10, 38-42) en soulignant qu’il nous faut être l’une et l’autre, à des moments différents, mais suggérez que la qualité de notre « faire » dépend de notre « être », être en paix avec nous-mêmes et être intérieurement silencieux de manière à écouter les autres.
  • Présentez John Main et sa redécouverte de la tradition chrétienne de la méditation chez Jean Cassien. Soulignez le fait que Jean Cassien est un maître reconnu par tous les chrétiens, qui a vécu longtemps avant les divers schismes ayant donné naissance aux diverses confessions chrétiennes. C’est pourquoi la méditation est très importante pour l’œcuménisme. Pour les chrétiens, c’est une manière naturelle de prier ensemble, alors que les mots et les rituels peuvent nous diviser. La prière profonde nous montre que nous sommes déjà « un dans le Christ ». « Car là où deux ou trois se trouvent réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Matthieu 18,20). La méditation ne fait pas disparaître les différences, mais nous les voyons de manière plus douce et indulgente. Elle agit comme un antidote au fondamentalisme en respectant les différences et en apprenant à nous pardonner les uns les autres du fond du « cœur ». La diversité et l’unité sont nécessaires toutes les deux. Dans Marc 9, 38-41 Jésus se montre tolérant et respectueux des différences. La méditation est un retour chez soi, à notre relation personnelle avec le Christ et à notre unité chrétienne originelle.
  • Présentez la méditation comme le chaînon manquant dans la chaîne de la prière. Elle complète et améliore les autres formes de prière, elle ne les remplace pas. Elle enrichit particulièrement la lecture priante des Écritures. Soulignez que la méditation est une dimension de la prière qui amène au silence. Nous ne parlons pas à Dieu, nous ne pensons pas à Dieu, nous « sommes avec » Dieu, nous sommes en communion avec la présence du Christ dans nos cœurs. Le silence est « l’adoration en esprit et en vérité ».

(2ème partie, Lettre n. 17 de l’École internationale de méditation chrétienne)

  • Soulignez l’importance de John Main comme enseignant spirituel. En redécouvrant notre façon de méditer – la répétition d’un mot de prière afin d’entrer dans le silence – dans les écrits de Jean Cassien, un moine du IVe siècle, il a grandement contribué au renouveau de cette tradition spirituelle et de la dimension contemplative de la prière. Après que cette forme de prière eut connu une période d’épanouissement chez les ermites chrétiens du désert, aux IVe et Ve siècles, on a considéré qu’elle n’était valable que pour les saints et quelques moines ou moniales particulièrement spirituels ; elle n’était pas faite pour les gens ordinaires. Mais John Main insistait sur le fait que la méditation était pour tout le monde : « la méditation est aussi naturelle pour l’esprit, que la respiration pour le corps ». Après la mort de John Main, Laurence Freeman lui a succédé à la tête de la Communauté mondiale de méditation chrétienne.
  • Soulignez la simplicité de la méditation ; ce n’est pas une technique compliquée, il n’y a aucune théorie difficile à maîtriser, mais elle requiert de la discipline ; la pratique biquotidienne mène à la prière continue. C’est une discipline qu’on s’impose à soi-même ; vous êtes libres de méditer ou non
  • Expliquez ce qu’est un mot de prière, en faisant éventuellement référence au terme sanscrit mantra qui signifie « ce qui clarifie l’esprit ». Jean Cassien employait le terme latin de formula que John Main l’a librement traduit en anglais par mantra. L’expression « mot de prière » s’utilise dans le sens où l’auteur anonyme des Récits d’un pèlerin russe utilise l’expression de « prière de Jésus ». C’est un mot que l’on répète dans le cœur. John Main recommandait de choisir « Maranatha », une prière importante pour les premiers chrétiens, dans la langue que parlait Jésus, l’araméen, et qui signifie : « Viens, Seigneur » ou « Le Seigneur vient ». Saint Paul la cite à la fin de la première lettre aux Corinthiens (1 Cor 16) ; saint Jean finit l’Apocalypse avec ce mot, et d’après la recherche moderne, c’était un mot de passe que les premiers chrétiens utilisaient pour accéder aux célébrations secrètes de l’eucharistie durant les périodes de persécution.
  • Expliquez le but du mot de prière. Il simplifie et unifie le mental en le libérant des distractions. Il en résulte un calme vigilant lorsque nous sommes concentrés sur Dieu. En faisant taire nos pensées, nous « renonçons à nous-mêmes » (Luc 9, 23) et devenons plus attentifs à Dieu et aux autres dans notre vie de tous les jours. En nous limitant à « la pauvreté d’un unique verset » (Cassien), nous devenons « pauvres en esprit » (Matthieu 5, 3). « Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice » (Matthieu 6, 33-34). Expliquez comment dire le mot de prière : avec douceur, sans jugement ni évaluation, sans chercher à obtenir un résultat quelconque, sans s’en servir comme d’une massue pour écraser les pensées, en le disant avec foi et amour.

« Si le mot de prière ne s’accompagne pas de foi et d’amour, il est sans réelle valeur ; ce serait un simple mécanisme. Il est vraiment dangereux de faire confiance au mécanisme du mot de prière. Mais en tant qu’expression de la foi et de l’amour, il devient un moyen très puissant de diriger votre foi et de vous ouvrir à Dieu » (Bede Griffiths).