Pourquoi prier avec un seul mot?

Les maîtres de la prière ont maintes fois résumé leurs conseils pratiques dans cette simple injonction qu’on peut lire dans Le Nuage de l’inconnaissance : « Dis ton mot. Il te suffit de choisir un mot bref d’une seule syllabe. Ensuite, fixe-le dans ton cœur, afin qu’il ne s’en détache pour rien au monde. Grâce à ce mot, tu vas pouvoir supprimer les pensées de toutes sortes. »

Dans sa célèbre lettre de Michaelmas écrite à Downside en 1920, le père abbé Chapman décrit l’usage simple et fidèle d’un mantra, découverte qu’il dut à sa persévérance courageuse dans la prière plutôt qu’à l’enseignement de ses professeurs. Il avait redécouvert une tradition de prière ancestrale simple qui s’était transmise au monachisme occidental par l’intermédiaire de Jean Cassien à la fin du ive siècle. Cassien lui-même l’avait reçue des saints hommes du désert, qui faisaient remonter son origine aux temps apostoliques.

Dans la prière chrétienne, la persistance d’une tradition de répétition d’un mot tient avant tout à son extrême simplicité. Elle répond à toutes les exigences des maîtres en matière de prière, parce qu’elle nous conduit à un calme harmonieux et attentif du mental, du corps et de l’esprit. Cela ne requiert aucun talent ou don particuliers, hormis une intention sérieuse et le courage de persévérer. « Personne, affirme Cassien, n’est tenu à l’écart de la pureté du cœur parce qu’il ne sait pas lire, et une simplicité rustique ne peut y faire obstacle, car elle est à la portée de tous, à condition d’avoir la volonté, par la constante répétition de cette formule, de garder l’esprit et le cœur attentifs à Dieu. »

Notre mot est l’antique prière araméenne « Maranatha, Maranatha », « Viens, Seigneur, viens, Seigneur Jésus. »

(John Main, Méditer chaque jour et trouver la paix intérieure, France, Le Passeur, coll. Rives spirituelles, 2014, méditation du 4 janvier tiré de Un mot dans le silence, un mot pour méditer, p. 14.)

 

Un document intéressant à consulter, au sujet du terme MARANATHA, par Lina-Myriam Dubois.

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