Dialogues

Pour les nouvelles récentes sur le dialogue oecuménique et interreligieux, déroulez jusqu'après cette note Pour voir les vidéos de l’échange entre Laurence Freeman et Karim Ben Driss, allez à l’onglet Ressources/Vidéos sous la catégorie Dialogue.

Pour un dialogue authentique

Selon Jean-Claude Basset, le dialogue authentique c’est : « L’échange de paroles et l’écoute réciproque qui engagent deux ou plusieurs personnes, à la fois différentes et égales ». Il est donc nécessaire de quitter nos habitudes et nos conforts, nos manières d’être et de penser sclérosées pour devenir soi-même dans un esprit renouvelé et ouvert. Pour avancer dans cette voie, quatre composantes sont nécessaires : le recueillement, l’attention, le silence et l’écoute. Ce sont tous les ingrédients à la fois de la méditation et du dialogue avec les autres et avec l’Autre.

Dialogue laïque

La sécularisation de la société québécoise ne rend pas toujours possible une approche confessionnelle de la méditation, comme dans les écoles publiques par exemple. Dans ces contextes particuliers, le comité Jeunesse et Méditation initie parfois des enfants et des adolescents à la méditation par une approche non religieuse. Bien qu’en accord avec la mission de MCQ-RFC, il convienne mieux d’offrir une approche de foi aux personnes que l’on initie, il est de loin préférable de permettre à ces jeunes de faire l’expérience de leur vie intérieure encore en germe que de l’en priver. D’ailleurs, les études montrent que les bienfaits psychophysiologiques et les fruits spirituels s’apparentent beaucoup entre les diverses approches méditatives. Chacun(e) peut alors, au gré de son parcours, de ses connaissances et de la culture familiale, mais aussi grâce au dialogue de groupe qui suit le temps de méditation, donner un sens personnel à l’expérience vécue.

Vous trouverez dans la Boîte à outils, à l’onglet Jeunesse & Méditation/Matériel d’appoint, quelques expériences du genre relatées par les responsables de ce comité.

Nous vous invitons également à visonner le reportage Relaxation et actes de gentilesse, dans l'onglet Ressources/Vidéos/Jeunesse & Méditation, qui porte sur la pratique de la méditation laïque dans des écoles primaires de la Colombie-Britannique.

Dialogue œcuménique

Le dialogue œcuménique, c’est le dialogue

entre traditions religieuses de même famille.

Par exemple, des luthériens avec des catholiques.

« La méditation est aussi une authentique discipline du christianisme, bien qu’il semble parfois que ce soit le secret le mieux gardé du monde. Comme le rappelle toujours Laurence Freeman, Jésus a enseigné la contemplation et c’est la raison pour laquelle cette forme de prière a prospéré, particulièrement au IVe siècle, chez les Pères et les Mères du désert d’Égypte et de Palestine, qui avaient fondé leur vie sur l’exemple de Jésus. Jean Cassien a réuni leurs enseignements dans son livre Les Conférences. C’est en lisant cet ouvrage que John Main, un moine bénédictin, a redécouvert cette tradition, pour la transmettre à notre époque, et l’a offert à tous nos contemporains quel que soit leur état de vie, lui donnant le nom de « méditation chrétienne ». Ce n’est pas seulement la forme de prière des Pères et Mères du Désert mais aussi celle d’innombrables mystiques chrétiens de toutes les époques jusqu’à aujourd’hui. C’est aussi une forme de prière qui a été établie bien avant la Réforme, et avant la séparation entre le catholicisme romain et la chrétienté orthodoxe orientale. C’est donc un beau moyen, œcuménique, de prier ensemble. »

(Extraits de la Lettre n. 6 de l’École internationale de méditation chrétienne,

 L’universalité de la méditation, par Kim Nataraja)

Dialogue interreligieux

Le dialogue interreligieux, c’est le dialogue

entre des religions sans lien de parenté.

Par exemple, des chrétiens avec des bouddhistes.

En accord avec la pensée de Laurence Freeman, exprimée dans A Pearl of Great Price. Sharing the gift of meditation, nous retrouvons ce passage très évocateur dans la traduction française, Une perle de grand prix:

« L’attitude des chrétiens à l’égard des autres religions connaît aujourd’hui, sous la conduite de l’Esprit Saint, une mutation historique. Les chrétiens ne rejettent plus avec arrogance les fois étrangères mais sont capables de révérer ce qui est bon et saint en elles. Le dialogue avec ces religions nous oblige à rechercher de nouveaux moyens d’exprimer l’expérience chrétienne parallèlement à la théologie traditionnelle. L’expérience contemplative est essentielle si l’on veut que mûrisse le dialogue interreligieux. La communauté de méditation chrétienne est instinctivement œcuménique dans ce sens large. Chacune de ses réunions est ouverte à tous chercheurs sincères et toutes personnes devraient y trouver un accueil délicat et hospitalier. Bien que ce ne soit pas un groupe interreligieux en tant que tel, il est ouvert aux pratiquants d’autres religions, ou à ceux qui cherchent la foi, dans la mesure où ceux-ci acceptent de méditer avec des chrétiens – dont la foi en Christ, leur maître, leur inspire d’imiter sa vérité et son ouverture.

Si le groupe est d’accord, il pourra faire une expérience enrichissante en prenant contact avec d’autres groupes religieux locaux et en organisant de temps en temps une soirée de méditation interreligieuse. »

Des rencontres signifiantes

Les diverses communautés de méditantes et de méditants francophones sont invitées à initier des rencontres œcuméniques ou interreligieuses pour prier et méditer. Il est possible d’organiser des rencontres locales ou régionales.

Par exemple, Méditation chrétienne du Québec (MCQ) et des régions francophones du Canada (RFC) a été pendant quelques années un partenaire engagé pour les « veillées spirituelles pour la paix » organisées par le Centre de la Paix de Montréal, la Conférence mondiale des religions pour la paix et Initiatives et Changement.

En 2010, Un dialogue islamo-chrétien a été organisé par Michel Boyer entre Laurence Freeman, notre accompagnateur spirituel au plan international, et Karim Ben Driss, enseignant et fondateur de l’Institut soufi de Montréal.

En octobre 2006, MCQ-RFC a participé à l’organisation d’une rencontre à l’église Saint-Pierre-Apôtre de Montréal, avec Messieurs Pierre Toth de tradition juive, Amir M. Maasoumi de tradition musulmane et Yvon R. Théroux de tradition chrétienne.

En février 2005, un dialogue judéo-chrétien a eu lieu au temple Emanu-El Beth Sholom à Montréal avec Charles Lévy et Yvon R. Théroux.

  • Vous trouverez des textes en lien avec ces rencontres à l’onglet Ressources/Textes divers et lettres sous la catégorie Dialogue;
  • Pour voir les vidéos de l’échange entre Laurence Freeman et Karim Ben Driss, allez à l’onglet Ressources/Vidéos sous la catégorie Dialogue

Dialogue bouddhiste-chrétien: sur le chemin de la non-violence

Communiqué au terme du VIème Congrès à Taïwan

Bouddhiste, Sri Lanka, capture CTV

Bouddhiste, Sri Lanka, capture CTV

« Bouddhistes et chrétiens marchant ensemble sur le chemin de la non-violence ». C’était le thème du sixième Colloque bouddhiste-chrétien qui a eu lieu du 13 au 15 novembre 2017, au Monastère bouddhiste Ling Jiou à Taïpei (Taïwan).

Dans une déclaration finale publiée le 17 novembre, le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux fait état de dix points d’accord entre les participants, s’engageant notamment à « entendre le cri des victimes de la violence dans ses multiples formes », à « éradiquer la pauvreté, l’injustice, l’inégalité, l’exploitation et la discrimination », à « reconnaître l’influence positive des médias » et à « avertir le public de l’impact négatif des fausses nouvelles ».

Ils encouragent aussi à promouvoir l’hospitalité, la prière, les bonnes relations entre générations, et « une éco-spiritualité pour la sauvegarde de l’environnement ».

Voici notre traduction intégrale de la déclaration.

AK

Déclaration finale du congrès

Le Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux du Saint-Siège, en coopération avec la Conférence des évêques régionale de Chine (communément appelée la Conférence des évêques de Taïwan, ndlr) et la Société bouddhiste de la Montagne Ling Jiou, ont organisé le sixième Colloque bouddhiste-chrétien du 13 au 15 novembre 2017 au Monastère bouddhiste Ling Jiou et, le jour suivant, la cérémonie de clôture au Musée des religions du monde, à Taïpei. Le thème général était « Bouddhistes et chrétiens marchant ensemble sur le chemin de la non-violence ». La Fondation Tzu Chi, Fo Guang Shan et l’Association bouddhiste du Nouveau Taïpei étaient aussi activement impliqués dans l’organisation de ce colloque.

Plus de quatre-vingt hommes et femmes, bouddhistes et chrétiens, représentant dix-huit pays, ont participé au colloque, parmi lesquels à la fois des universitaires et des professionnels de l’engagement interreligieux. Les participants incluaient aussi des membres de la Fédération des Conférences des évêques d’Asie (FABC), du Conseil mondial des évêques  (WCC) et du Dialogue interreligieux monastique.

Les participants ont noté qu’au cours des années, le dialogue chrétien-bouddhiste avait apporté une contribution valable à l’amélioration de la compréhension et de la connaissance mutuelles, ainsi que fortifié les relations et la coopération visant à promouvoir une culture de la paix et de la non-violence sur la base de valeurs communes. Les participants ont aussi reconnu que le 21e siècle avait été marqué par des conflits qui impliquent aussi des affiliations et des identifications ethniques, culturelles et religieuses. Dans de nombreuses régions du monde, la diversité culturelle est devenue un problème social et politique. De nombreuses personnes ont été privées de l’égalité de protection et de droits et sont traitées comme des citoyens de seconde classe au sein de leur propre pays.

Tout en reconnaissant et en appréciant diverses initiatives aux niveaux local, national, régional et international, visant à promouvoir une culture de la rencontre et du respect, les participants ont souligné qu’il reste beaucoup à faire pour construire ensemble une culture de paix avec la justice pour tous les êtres humains et pour préserver et améliorer l’environnement, notre maison commune. Les participants ont souligné qu’ils avaient rencontré une période critique, où la violence a déjà causé des ravages dans beaucoup de leurs pays, laissant les personnes dans un besoin désespéré de guérison, de justice, de pardon et de réconciliation. Ils ont aussi fait observer que la violence et les conflits aujourd’hui traversent les frontières et que les problèmes locaux deviennent ainsi nationaux, régionaux et, parfois même mondiaux.

Les participants ont convenu de manière unanime qu’il n’y a pas de temps à perdre, puisque la situation est très sérieuse. En conséquence, ils ont noté que, sur la base de leurs convictions religieuses respectives, ils doivent apporter une nouvelle espérance dans un monde bouleversé en parlant de l’amour de Jésus et de la compassion de Bouddha. Cette tâche inclut de prendre la parole pour défendre ceux qui sont faibles et sans voix, de se lever en faveur de la justice, de réparer les cœurs brisés et les sociétés polarisées, de prendre de la distance à l’égard du sectarisme et de stopper la construction de murs qui séparent religions et cultures. En ce moment crucial, encouragés par le résultat positif du colloque, les participants, en tant que disciples de Bouddha et croyants en Jésus, se sont mis d’accord sur les points suivants :

  1. Reconnaître que le sixième Colloque bouddhiste-chrétien a été une étape importante pour la promotion d’une culture de paix et de non-violence dans une culture de l’indifférence.
  2. Souligner l’importance d’entendre le cri des victimes de la violence dans ses multiples formes, contre soi-même, interpersonnelle et collective, et aussi décrier et réprimer les menaces d’un nationalisme effréné, du sexisme, du racisme, du castéisme, de l’ethnicisme et du fondamentalisme religieux et séculier.
  3. Éradiquer la pauvreté, l’injustice, l’inégalité, l’exploitation et la discrimination, qui sont souvent les causes sous-jacentes de la violence et des conflits.
  4. Reconnaître l’influence positive des médias pour encourager des actions non-violentes en faveur de la paix mondiale, et avertir le public de l’impact négatif des fausses nouvelles (fake news) qui peuvent provoquer séparation, division, préjugé et violence entre les personnes de cultures et de religions différentes.
  5. Encourager des actions concrètes aux niveaux national, régional et mondial, visant à restaurer les sociétés polarisées à travers la justice, la réconciliation et le pardon, tout en promouvant l’égalité et la dignité des femmes afin de prévenir les violences et la discrimination contre celles-ci, en particulier le fléau de la violence domestique.
  6. Développer des relations sures, stables, nourrissantes et bienveillantes entre les enfants et leurs parents, proches, enseignants, aînés, orphelins et autres, afin de former des individus sains et des sociétés inclusives, et réaffirmer l’importance de l’éducation, en particulier en créant des institutions académiques centrées sur la formation de nouvelles générations de jeunes femmes et hommes à aimer la paix dans différents cadres.
  7. Promouvoir l’hospitalité en reconnaissant que nous partageons avec l’autre une humanité commune, indépendamment des différences ethniques, religieuses, sociales ou socioéconomiques, afin de prévenir et de minimiser tout abus verbal, physique, sexuel et psychologique.
  8. Reconnaître que la crise de l’écologie est une crise de l’ego et promouvoir une éco-spiritualité pour la sauvegarde de l’environnement, notre maison commune et souligner l’interconnexion et l’interdépendance de toutes les formes de vie comme centrales pour des communautés vivantes.
  9. Promouvoir la prière, le silence et la méditation pour cultiver la liberté intérieure, la pureté de cœur, la compassion, le pardon, la guérison et le don de soi comme des conditions essentielles pour la paix intérieure de l’individu ainsi que pour la paix sociale.
  10. Reconnaître le rôle important que peuvent jouer les organisations confessionnelles, les personnes de bonne volonté, la société civile, les organisations gouvernementales et les centres d’éducation pour encourager le dialogue interreligieux et interculturel.

Les participants expriment leur gratitude à l’égard du Comité du Congrès qui a créé une atmosphère agréable et pour l’hospitalité chaleureuse qui a caractérisé ce colloque. Ils remercient aussi les autorités de la République de Chine (Taïwan) et les disciples chrétiens et bouddhistes locaux pour leur soutien généreux qui a fait de ce sixième dialogue bouddhiste-chrétien un succès.

© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

Taiwan: le Vatican au sixième colloque bouddhiste-chrétien

Le message essentiel de toute religion est la non violence

Taipei, Taiwan © Wikimedia Commons / User:Bcody80

Taipei, Taiwan © Wikimedia Commons / User:Bcody80

Le message essentiel de toute religion est la non violence, a affirmé Mgr Indunil Kodithuwakku, sous-secrétaire – « numéro 3 » – du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, au cours du sixième colloque bouddhiste-chrétien à Taiwan, le 13 novembre 2017.

Les travaux, dans le monastère Ling Jou de Taipei, s’inspiraient du message du pape François aux bouddhistes à l’occasion de la fête de Vesakh — « Parcourons ensemble la voie de la non violence ». Des participants provenant d’une vingtaine de pays, à majorité asiatiques, étaient présents.

Originaire du Sri Lanka, le représentant du dicastère a indiqué un décalogue d’initiatives pour promouvoir la non violence par le dialogue, à tous les niveaux. « La violence au nom de la religion et le croissant phénomène du fondamentalisme religieux, a-t-il souligné dans ses propos rapportés par L’Osservatore Romano, ont provoqué un vif débat sur les causes de la violence et, plus particulièrement sur le rôle de la religion. »

« Si la religion n’incite pas directement à la violence, comment pouvons-nous affronter l’apparente corrélation entre la religion et la violence ? » s’est demandé Mgr Kodithuwakku. Et de répondre par la nécessité « d’éliminer la pauvreté, l’injustice, la disparité, l’exploitation et la discrimination » qui sont parmi les principales causes des conflits.

Parce qu’aujourd’hui, a-t-il conclu, « le dialogue et la collaboration entre les religions n’est pas une option » mais une obligation.

Avec une traduction d’Océane Le Gall

 
 

Confucianisme: pour une “solidarité nouvelle” par le card. Tauran

Le p. Indunil Kodithuwakku en Corée

P. Indunil Janaka Kodithuwakku © L'Osservatore Romano

P. Indunil Janaka Kodithuwakku © L'Osservatore Romano

Dans un monde déshumanisé ou la “culture de l’indifférence” et de ‘”l’avidité” a “englouti les relations”, on a besoin d’une “solidarité nouvelle et universelle et d’un modèle nouveau pour modeler notre avenir”, a déclaré le cardinal français Jean-Louis Tauran dans un message pour une rencontre entre catholiques et confucéens organisée par le Conseil mondial des Eglises (WCC), à Séoul (Corée), ces 27-28 octobre 2017.

C’est ce que rapporte L’Osservatore Romano quotidien en italien du 29 octobre 2017.

Ce message du président du Conseil pontificl pu le dialogue ineterreligieux a été lu à l’ouverture de la rencontre par le sous-secrétaire de ce dicastère, le p. Indunil Kodithuwakku.

Le cardinal Tauran a dit combien il appréciait “l’engagement à promouvoir la compréhension réciproque, le respect et la collaboration entre chrétiens et disciples de Confucius”, selon l’enseignement de Jésus, mais aussi de Confucius.

Jésus et Confucius ont aussi vécu à une époque “de chaos et de désordre” a fait observer le cardinal Tauran. Ils ont certes promu des “voies différentes pour la libération de l’homme”, mais ils ont tous les deux “favorisé le respect comme pierre angulaire pour la paix et l’harmonie de la société”, indique la même source.

Philosophe chinois, Confucius (551-479 av. J.-C.), est considéré comme “le premier éducateur de la Chine”.

 

Anglicans: l’archevêque de Cantorbéry Justin Welby reçu par le pape

Installation du responsable de la communauté anglicane de Rome

Visite de l'archevêque Welby 27/10/2017 © L'Osservatore Romano

Visite de l'archevêque Welby 27/10/2017 © L'Osservatore Romano

L’archevêque de Cantorbéry Justin Welby a été reçu par le pape François ce vendredi matin 27 octobre 2017, au Vatican.

L’archevêque Welby était accompagné de son épouse Caroline, du nouveau responsable de la communauté anglicane de Rome, l’archevêque Bernard Ntahoturi accompagné de son épouse et d’autres responsables anglicans.

Il a rencontré le pape pendant une demi-heure puis le pape a retenu les deux archevêques anglicans et leurs épouses à déjeuner.

A l’issue de la rencontre, l’archevêque a confié, au micro de Radio Vatican en anglais, que cette visite a été « pleine de signification, de joie, de rire, très détendue mais profonde ». Il a souligné sa préoccupation commune avec le pape pour les conflits, le trafic des êtres humains, et la nécessité de l’unité des chrétiens dans un monde fracturé.

Ne pas se laisser paralyser par les désaccords

Il a fait observer que, comme ses prédécesseurs en visite à Rome, il portait l’anneau offert par le bienheureux pape Paul VI à l’archevêque Michael Ramsey en 1966. Il a noté les grands progrès réalisés notamment grâce à deux organismes (ARCIC et IARCCUM) dans les dialogues théologique et missionnaire, ainsi que ce qu’il appelle « l’oecuménisme de l’action, de la prière ».

Pour ce qui est de la division autour de l’eucharistie, il a rappelé que chaque jour à Lambeth Palace, il céléèbre la liturgie avec des membres catholiques et non-catholiques de la jeune communauté de Saint-Anselme: « C’est douloureux, mais c’est une saine douleur qui nous pousse à travailler plus intensément » à l’unité.

A propos du Soudan du Sud, où un voyage commun avec le pape avait été envisagé, il a précisé: « Une visite comme celle-là doit être faite au moment où elle provoquera un grand changement » et ferait « pencher la balance vers la paix ». Il a souligné que le pape François appelle les responsables politiques à « renoncer à violence et à penser au peuple du Soudan du Sud ». Il a mentionné une récente visite dans un camp de 260 000 réfugiés en Ouganda: c’est une petite partie de ceux qui ont fui la violence. « Nous attendons et nous prions » à ajouté l’archevêque Welby, pour que le coeur des responsables politiques change.

Enfin, pour ce qui est des divisions à l’intérieur de l’anglicanisme, notamment autour des questions de l’homosexualité, l’archevêque anglican a affirmé qu’il ne fallait pas se laisser « paralyser par des désaccords », que toutes les Eglises rencontrent: dans une communion aussi diverse que le monde anglican, « nous avons à voir l’appel du Christ à l’unité au service du pauvre… et ne rien laisser nous détourner de la proclamation de la Bonne Nouvelle »‘.

Installation du nouveau responsable anglican à Rome

Pour sa part, Mgr Paul Richard Gallagher, Secrétaire du Saint-Siège pour les Relations avec les États, un Britannique, qui a été nonce au Burundi, ainsi que le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, ont participé le 26 octobre à l’installation par l’archevêque Welby de l’archevêque Ntahoturi Après l’installation officielle, l’archevêque Ntahoturi a été « accueilli » par le cardinal Koch.

Le service anglican (Evensong) de l’installation du nouveau responsable a eu lieu dans l’église San Francesco Saverio del Caravita, siège d’une communauté catholique romaine de langue anglaise.

L’homélie a été prononcée par Mgr Gallagher qui a affirmé que le voyage vers l’unité est un impératif moral, puisqu’il vient du souhait et de la prière du Christ lui-même.

Le service s’est conclu par une bénédiction solennelle donnée par l’archevêque de Cantorbéry, l’archevêque Bernard Ntahoturi et Mgr Paul Gallagher.

L’archevêque Bernhard Ntahoturi est l’ancien primat de l’Église anglicane au Burundi (de 2005 à 2016). Il a siégé au Conseil consultatif anglican et il a été actif dans la recherche de la paix et de la réconciliation dans la région des Grands Lacs en Afrique.

Il est le premier Africain à occuper le poste de directeur du Centre anglican de Rome, et le premier francophone.

À l’Evensong, la première lecture était en français et une chanson burundaise a été chantée pour marquer l’importance de cette nomination.

Il a été nommé représentant de l’archevêque de Cantorbéry auprès du Saint-Siège et directeur du Centre anglican de Rome le 17 mars 2017.

Avec Anita Bourdin

Visite du patriarche grec-orthodoxe de Jérusalem Théophile III (traduction complète)

Le pape François désire avancer vers la pleine unité

Audience au patriarche Théophile III 23/10/2017 © L'Osservatore Romano

Audience au patriarche Théophile III 23/10/2017 © L'Osservatore Romano

Au patriarche grec-orthodoxe de Jérusalem, le pape François redit son « désir sincère » et son « engagement à progresser sur le chemin vers la pleine unité entre nous ».

Le pape François a reçu en audience Sa Béatitude Théophile III, patriarche orthodoxe de Jérusalem, avec sa suite, en visite à Rome du 22 au 25 octobre, ce lundi matin 23 octobre 2017.

« Il n’est pas possible de changer l’histoire », reconnaît-il, mais « tournons ensemble notre regard vers un avenir de pleine réconciliation et de communion fraternelle et mettons-nous au travail maintenant ».

Le pape a invité « tous les sujets impliqués » à « multiplier leurs efforts afin que se réalisent les conditions d’une paix stable » en Terre Sainte, « basée sur la justice et sur la reconnaissance des droits de tous ». Il a souhaité que les membres des communautés chrétiennes, « en tant que citoyens et croyants de plein droit (…) apportent, sans jamais se lasser, leur propre contribution au bien commun et pour la construction de la paix ».

Le patriarche Théophile III est accompagné de l’archevêque Aristarchos, chef du Secrétariat du patriarcat, de l’archidiacre Markos, de M. Rami Moghrabi et de M. Nader Elias Moghrabi.

Le patriarche a ensuite rencontré le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État, et Mgr Paul Gallagher, secrétaire pour les Relations avec les États. En outre, le patriarche et sa suite ont eu un entretien avec les cardinaux Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la Promotion de l’unité des chrétiens et Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux.

Voici notre traduction du discours du pape François prononcé en italien.

HG

Allocution du pape François

Béatitude,

Chers frères,

C’est avec une grande joie que je vous souhaite la bienvenue à Rome. Je suis heureux de pouvoir vous rendre, avec gratitude et affection fraternelle, le chaleureux accueil que Votre Béatitude m’a offert lors de ma visite à Jérusalem. Je conserve le souvenir vivant de l’attention prévenante avec laquelle vous m’avez accompagné, avec le patriarche œcuménique Bartholomée, dans la basilique qui conserve les lieux où le Seigneur a été crucifié, mis au tombeau, et est ressuscité. Je me souviens avec émotion de la halte de prière dans l’édicule du tombeau vide. À ce sujet, je redis combien je suis heureux de la restauration de ce lieu très saint : on n’a pas simplement sauvegardé l’intégrité d’un monument du passé mais on a aussi travaillé pour que continue de résonner à l’avenir le témoignage qui jaillit de ce sépulcre vide : « Il est ressuscité, il n’est pas ici. Voici le lieu où on l’avait mis » (Mc 16,6). Je me réjouis du fait que le patriarcat grec orthodoxe de Jérusalem, le patriarcat arménien de Jérusalem et la custodie franciscaine de Terre Sainte ont travaillé ensemble dans une excellente entente, comme pour la Basilique de la Nativité de Bethléem, afin d’atteindre cet objectif, et je remercie vivement Votre Béatitude pour son engagement.

Cette rencontre m’offre l’opportunité d’exprimer de nouveau ma proximité à tous ceux qui souffrent pour les conflits qui affligent la Terre Sainte depuis des décennies. L’incertitude de la situation et l’incompréhension entre les parties continuent de causer l’insécurité, la limitation des droits fondamentaux et l’abandon de leur terre par un grand nombre. J’invoque pour cela l’aide de Dieu et je demande à tous les sujets impliqués de multiplier leurs efforts afin que se réalisent les conditions d’une paix stable, basée sur la justice et sur la reconnaissance des droits de tous. À cette fin, il faut repousser avec fermeté le recours à tout type de violence, toute forme de discrimination et toute manifestation d’intolérance contre des personnes ou des lieux de culte juifs, chrétiens et musulmans. La Ville Sainte, dont le statu quo doit être défendu et préservé, devrait être un lieu où tous peuvent cohabiter pacifiquement ; sinon la spirale de la souffrance continuera pour tous et sans fin.

Je voudrais adresser une pensée particulière à tous les membres des différentes communautés chrétiennes de Terre Sainte. Je souhaite qu’ils soient toujours reconnus comme faisant partie intégrante de la société et que, en tant que citoyens et croyants de plein droit, ils apportent, sans jamais se lasser, leur propre contribution au bien commun et pour la construction de la paix, s’engageant à être des artisans de réconciliation et de concorde. Une telle contribution sera plus efficace dans la mesure où se réalise une harmonie toujours plus grande entre les différentes Églises de la région. Il serait particulièrement important qu’il y ait une collaboration croissante pour le soutien des familles et des jeunes chrétiens, afin qu’ils ne se trouvent pas en situation de devoir quitter leur terre. En travaillant ensemble dans ce contexte délicat, les fidèles de diverses confessions pourront aussi mieux se connaître et développer des relations toujours plus fraternelles.

En ce sens, obéissant à la prière vibrante de Jésus pour les siens au Cénacle : « qu’ils soient un… pour que le monde croie » (Jn 17,21), je tiens à redire mon désir sincère et tout mon engagement à progresser sur le chemin vers la pleine unité entre nous. Je sais bien que certaines blessures du passé continuent de laisser des marques dans la mémoire de beaucoup. Il n’est pas possible de changer l’histoire, mais sans oublier les graves manques de charité commis pendant des siècles, tournons ensemble notre regard vers un avenir de pleine réconciliation et de communion fraternelle et mettons-nous au travail maintenant, comme le désire le Seigneur. Ne pas le faire serait la faute la plus grave d’aujourd’hui, ce serait passer outre à l’invitation pressante du Christ et aux signes des temps, que l’Esprit sème sur le chemin de l’Église. Animés par le même Esprit, ne permettons pas que les souvenirs d’époques caractérisées par le silence réciproque ou par des échanges mutuels d’accusation, les difficultés du présent et l’incertitude de l’avenir, nous empêchent de marcher ensemble vers la pleine unité, de prier ensemble et d’agir ensemble pour l’annonce de l’Évangile et au service de ceux qui se trouvent dans le besoin. Le dialogue théologique entre catholiques et orthodoxes, qui se poursuit et auquel le patriarcat grec orthodoxe de Jérusalem participe de manière active et constructive, est aussi en ce sens un signe d’espérance, qui nous réconforte sur le chemin. Comme il serait beau de dire des catholiques et des orthodoxes qui vivent à Jérusalem ce que l’évangéliste Luc disait de la première communauté chrétienne : « Tous les croyants vivaient ensemble […] un seul cœur et une seule âme » (Ac 2,44 ; 4,32).

Béatitude, je vous remercie de tout cœur pour votre visite et celle des distingués membres de votre suite. Je désire réaffirmer ma proximité à l’égard des frères chrétiens de Terre Sainte et mon affection pour les amis des autres grandes religions présentes dans la région, espérant et priant qu’arrive vite pour tous le jour d’une paix stable et durable. « Appelez le bonheur sur Jérusalem : “Paix à ceux qui t’aiment !” […] A cause de mes frères et de mes proches, je dirai : “Paix sur toi !” » (Ps 122,6-8).

Pour cela, je voudrais que nous priions ensemble avec les paroles du Notre Père.

© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

 

Catholiques et méthodistes, « membres de la famille de Dieu »

Rencontre avec le Conseil méthodiste mondial (Traduction intégrale)